11. Palenque



Palenque est un des grands sites archéologiques mayas du Mexique, situé dans l’État du Chiapas, au cœur de la forêt tropicale.

Cette cité maya classique (apogée entre le VIe et le VIIIe siècle), est célèbre pour l’élégance de son architecture et la qualité de ses sculptures et bas-reliefs, dans un cadre exceptionnel : les ruines émergent de la jungle, avec une végétation dense et une atmosphère très particulière

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, Palenque se distingue par la finesse de ses constructions, ses glyphes et l’intégration harmonieuse des bâtiments dans le paysage tropical. C’est l’un des sites mayas les plus visités et les plus photographiés du Mexique.

Le site comprend le Temple des Inscriptions (où se trouve le tombeau du roi Pakal), le Palais avec sa tour, et plusieurs temples groupés autour de places.


Le Palais et sa tour d’observation




La photo représente une vue générale du site de Palenque, avec le Palais et sa tour au centre.

Le Palais (El Palacio) est un grand complexe de bâtiments et de cours, surmonté de sa tour caractéristique à plusieurs étages. Autour, d’autres structures en pierre calcaire (temples, plateformes et escaliers) sont partiellement envahies par la végétation tropicale dense (arbres, buissons, herbes).

Quelques visiteurs en bas, au centre, donnent l’échelle. Le ciel gris et brumeux est typique de l’humidité de la région. La photo montre bien l’intégration des monuments mayas dans la jungle du Chiapas. La tour du Palais se détache sur l’horizon, tandis que les autres bâtiments semblent émerger de la verdure. Le site en 1970 n’a rien du flux touristique d’aujourd’hui.

Une autre vue du Plais et de sa tour d’observation :



Photo D’Alain Gondouin
Palais de Palenque (El Palacio), dominé par sa célèbre tour à quatre niveaux (La Torre)

Ce vaste ensemble architectural (environ 100 m de long sur 80 m de large) repose sur une grande plateforme artificielle à degrés. Il se compose d'un labyrinthe de bâtiments, de couloirs voûtés, de cours intérieures (patios) et de portiques.

Édifiée principalement sous le règne de K'inich K'an Joy Chitam II (fils de Pakal Iᵉʳ) au début du VIIIᵉ siècle, la Tour (La Torre) de quatre étages est unique dans toute l'architecture maya classique.

Le Palais n'était pas un simple lieu de résidence privée pour la famille royale, mais le centre névralgique du pouvoir politique et religieux de Palenque. C’était le siège du pouvoir et de la diplomatie, le lieu où le souverain recevait les ambassadeurs des cités voisines, les tributs et les dignitaires.

Les cours intérieures (notamment la Cour des Captifs) était le théâtre des rites royaux , accueillant les cérémonies publiques d'intronisation, de soumission des vaincus et les grands rituels du calendrier maya.

Le Palais abritait les appartements de la famille royale, les appartements des hauts dignitaires, ainsi que des réserves et des ateliers d'artisans de la cour.

Le Palais intégrait un système sophistiqué d'aqueducs et de pièces d'eau intérieures (toilettes et bains) alimenté par la rivière Otulum, ce qui constituait alors une prouesse hydraulique :

La tour de quatre étages remplissait trois fonctions principales : d’abord celle d’Observation astronomique, depuis son sommet, où les prêtres-astronomes et le roi observaient la course du Soleil, de la Lune et particulièrement de la planète Vénus (associée à la guerre et à la royauté) ; puis celle de poste de guet et de surveillance stratégique, enfin celle de symbole de puissance politique et cosmologique, la tour incarnntt un lien visuel et symbolique entre la Terre, le monde souterrain et les cieux.


Panorama du site de Palenque




Le Grand Palais, à gauche, et le Temple des Inscriptions sont entourés par l'imposante jungle de Lacandon. D’après une photographie de Danny Lehman (Getty Images)
(Cliquer pour consulter le plan)


Les monuments de pierre calcaire émergent comme des îlots architecturaux au sein d’un océan de végétation dense, illustrant l’intégration de la ville maya dans son environnement naturel.

À droite de la composition se distingue le Temple des Inscriptions, reconnaissable à sa haute pyramide à degrés. L’édifice s’élève sur plusieurs terrasses superposées et supporte un sanctuaire sommital. Cette construction est l’un des monuments les plus célèbres de la Mésoamérique, notamment pour avoir abrité la sépulture du souverain K'inich Janaab' Pakal. Les lignes puissantes de l’escalier central accentuent la monumentalité de l’ensemble.

À gauche du Temple des Inscriptions apparaît le vaste complexe du Palais, véritable centre politique et administratif de la cité. L’édifice se caractérise par son plan étendu, organisé autour de cours intérieures et de galeries voûtées. Depuis cette perspective aérienne, on distingue clairement les plateformes successives et l’organisation géométrique du complexe qui dominait autrefois la place principale.

À l’arrière-plan, plusieurs pyramides plus modestes occupent les pentes naturelles de la colline. Ces structures appartiennent au secteur cérémoniel comprenant notamment le Groupe de la Croix, célèbre pour ses temples richement décorés et ses programmes iconographiques liés à la royauté palenquénienne. Leur implantation sur les reliefs souligne la remarquable adaptation de l’urbanisme maya à la topographie locale.

La forêt tropicale humide encercle étroitement les monuments. Les arbres de grande hauteur forment une canopée compacte aux multiples nuances de vert. Cette couverture végétale rappelle qu’une grande partie de l’ancienne cité demeure encore enfouie sous la jungle.

Dans son ensemble, cette vue illustre le caractère singulier de Palenque : une ville royale maya où l’architecture monumentale, les terrasses artificielles et les sanctuaires pyramidaux s’inscrivent harmonieusement dans le paysage montagneux et forestier des basses terres mayas occidentales. L’image transmet à la fois la puissance politique de l’ancienne cité et l’extraordinaire dialogue entre le génie architectural maya et la nature tropicale qui l’enveloppe.


Le Palais et sa tour






À Palenque, plusieurs temples présentent ce type de silhouette : base pyramidale, sanctuaire avec portes, et crête faîtière décorée. Ce profil est très typique de l’architecture classique maya du site.

La photo tente de rendre l’impression d’un temple qui émerge de la jungle… Elle manque de qualité comme beaucoup de ce corpus de voyage : la netteté est faible, les détails de la façade et de la crête faîtière sont quelque peu flous ; les couleurs délavées à dominante vert/grisâtre sont dues au vieillissement du film et à une prise de vue en lumière diffuse. Le contraste est assez faible et le grain visible. De plus le cadrage, un peu serré, est légèrement incliné. C’est une photo d’époque, au charme documentaire, ne permettant pas de bien apprécier les détails architecturaux du temple.

Le traitement par IA (vignette cliquable ci-dessous) fournit une meilleure vision de l’édifice, mais avec le risque d’invention de détails…


Il s'agirait de l'un des trois monuments majeurs du Groupe de la Croix, construit vers la fin du VIIᵉ siècle sous le règne de K'inich Kan Bahlam II, fils de Pakal le Grand. Le temple doit son nom au célèbre panneau sculpté découvert dans le sanctuaire, représentant un arbre sacré symbolique, souvent interprété comme une forme stylisée du maïs ou de l'Arbre du Monde de la cosmologie maya.


Les vestiges architecturaux et la canopée luxuriante





Dans la continuité de la photo précédente avec un ciel plus bas et une forêt plus sombre, la répétition dit mon insistance à photographie Palenque comme un paysage autant que comme un monument

C’est une illustration de la fusion entre l'architecture monumentale précolombienne et la luxuriante forêt tropicale. Les vestiges architecturaux émergent directement d'une végétation tropicale dense (selva) qui recouvre les contreforts des montagnes de Tumbalá. C'est précisément cet isolement au cœur de la jungle qui a permis aux ruines de rester dissimulées et préservées pendant des siècles après l'abandon mystérieux de la cité vers le IXᵉ siècle.

Palenque est une ville de collines, pas une esplanade : l’eau, les aqueducs et le relief comptent autant que les temples.


Le Temple de la Croix





Photo Alain Gondouin

Le Temple de la Croix (Templo de la Cruz) est le monument le plus grand et le plus élevé du célèbre Complexe du Temple de la Croix (ou Groupe de la Croix.

Le temple repose au sommet d'une pyramide à degrés et arbore de manière très nette son toit-peigne ajouré d'origine. Cette structure ajourée servait à la fois d'élément décoratif grandiose (initialement couvert de stucs sculptés et peints) et d'allègement structurel.

Il est dressé au pied d'une colline boisée sacrée (appelée par les Mayas Yehmal K'uk' Lakam Witz, la « Grande Montagne du Quetzal descendant ») qui abritait les sources alimentant la cité.

Le complexe a été érigé en 692 apr. J.-C. par le roi K'inich Kan Bahlam II (qui a régné de 684 à 702 apr. J.-C.), fils et successeur du célèbre roi Pakal le Grand.

Kan Bahlam fit construire ce groupe de temples (qui comprend aussi le Temple du Soleil et le Temple de la Croix Foliacée) pour légitimer son pouvoir. Il cherchait à démontrer la légitimité divine de sa lignée en connectant sa propre succession aux origines mythologiques de la cité.

Le nom moderne de « Temple de la Croix » vient des premiers explorateurs qui crurent y voir une croix chrétienne. Il s'agit en réalité d'une représentation du Cénotaphe / Arbre du Monde (le Ceiba sacré), qui relie symboliquement les trois niveaux du cosmos maya : le monde souterrain (Xibalba), la terre et les cieux.

Ce temple était consacré au dieu GI, l'aîné de la triade des divinités patronnes de Palenque, associé au soleil naissant et aux origines mythiques de la dynastie.


Temple des inscriptions





La photo cherche à mettre en valeur le volume et la géométrie de la pyramide, tout en montrant comment la jungle entoure et parfois envahit les structures. C’est une vue plus latérale et plus « massive » que les précédentes, qui insiste sur l’intégration du monument dans le paysage.

Il s’agit du temple des inscription. Je ne l’ai malheureusement pris que de profil… mais Alain Gondoin a su monter la beauté de cet édifice.


Photo d’Alin Gondouin

Le Temple des Inscriptions (Templo de las Inscripciones) est un monument funéraire conçu pour servir de tombeau à K'inich Janaab' Pakal Iᵉʳ (dit Pakal le Grand), le souverain le plus influent de Palenque. La construction a commencé à la fin de son règne et s'est achevée sous celui de son fils, K'inich Kan Bahlam II (vers 682 apr. J.-C.).

En 1952, l'archéologue mexicain Alberto Ruz Lhuillier y a découvert un escalier interne secret menant à une chambre funéraire souterraine scellée. À l'intérieur reposait le sarcophage de Pakal, recouvert d'une dalle de pierre gravée d'un célèbre bas-relief représentant le roi au moment de sa mort et de sa renéissance.

La structure repose sur une pyramide à neuf niveaux. Dans la cosmologie maya, le chiffre 9 symbolise les neuf niveaux de l'Inframonde (Xibalba).

Le temple tire son nom des trois grands panneaux de pierre gravés de glyphes découverts sur les murs du sanctuaire supérieur : Il s'agit de l'un des textes hiéroglyphiques les plus longs de tout le monde maya, qui retrace l'histoire dynastique de la cité, la généalogie de Pakal, ses accomplissements majeurs ainsi que des rituels et prophéties.


Tablette ovale du palais





Il s'agit de la Tablette Ovale du Palais (Oval Palace Tablet), un bas-relief en calcaire situé dans la « Maison E » (House E) du Grand Palais de la cité maya de Palenque, au Mexique.

Cette stèle de forme ovale représente une scène clé d'accession au pouvoir royal :

  • K'inich Janaab' Pakal Iᵉʳ (Pakal le Grand) : À droite, le jeune souverain est assis en position assise ou tailleur sur un trône en forme de jaguar à deux têtes.

  • Dame Sak K'uk' : À gauche, sa mère (qui a assuré la régence de la cité) s'incline légèrement en lui présentant la coiffe royale ceremonielle (souvent appelée Drum Major Headdress) ornée du dieu bouffon maya (Jester God), marquant ainsi son intronisation.

  • Glyphes mayas : En arrière-plan, plusieurs colonnes de hiéroglyphes entourent les personnages pour dater et commémorer l'événement.

Au début du VIIᵉ siècle, Palenque subit d'importantes défaites militaires contre la cité rivale de Calakmul, laissant la dynastie affaiblie sans héritier masculin direct adulte. La princesse Sak K'uk' prend alors la tête de la cité. Elle transmet le pouvoir à son fils, Pakal Iᵉʳ, lorsqu'il atteint l'âge de 12 ans (en juillet 615).

La Tablette Ovale a été sculptée pour sceller et légitimer ce transfert de pouvoir. En insistant sur le rôle de sa mère (de lignée royale directe), Pakal affirmait son droit divin à régner.

Placée directement au-dessus du trône royal dans la Maison E du Palais, cette stèle, devenue le symbole du Palais, servait de toile de fond officielle lors des cérémonies d'intronisation des futurs rois de Palenque, qui renouvelaient symboliquement ce rite fondateur.

Ce cliché est un peu pâle. Un traitement de la photo par IA fournit beaucoup plus de détail en cliquant sur la vignette ci-dessous.


Village maya de la région Puuc


En quittant Palenque, le voyage se poursuit vers la région Puuc et ses célèbres sites de Kabah, Uxmal et Chichen Itza.

Une halte permet d’approcher un village maya typique du Yucatan…



Il est difficile de distinguer sur cette photo la cabane maya qui constitue l’habitat traditionnel maya rural de la péninsule du Yucatán, au Mexique (dans la zone rurale entre Mérida, la région Puuc — Uxmal, Kabah — et Chichén Itzá).

Le traitement par IA de l’image (cf. vignette cliquable ci-dessous) permet d’admirer la maison maya traditionnelle (Palapa ou Naha) aux murs arrondis blanchis à la chaux, surmontée d'un toit en pente très prononcée couvert de paille/palmes (zacate).


Au premier plan s'étend un muret en pierres calcaires blanchies à la chaux. Ces clôtures traditionnelles, appelées albarradas, délimitent le terrain familial (solar maya) dans tout le Yucatán.

Autour de la demeure poussent des bananiers et des palmiers, typiques du jardin potager/fruiter familial maya (el solar). La terre rougeâtre est caractéristique du nord du Yucatán.

Si ces cabanes restent courantes dans les villages entourant la région Puuc, l'habitat tend à se transformer au profit maison en blocs de béton à côté de la cabane traditionnelle, qui est fréquemment conservée pour servir de cuisine, de pièce pour suspendre les hamacs (afin d'y dormir au frais) ou d'espace de réserve.


Le muret traditionnel (l'albarrada)




Cette photo me paraît un témoignage ethnographique de la période de transition technologique et sociale qui s'est opérée dans la campagne yucatèque à la fin des années 1970.

Elle montre la persistance d'un mode de vie ancestral. Les habitants pratiquent l’autoconstruction et l’éco-habitat, utilisant exclusivement les ressources naturelles locales pour construire leur logement (palmes, bois de la jungle, pierres calcaires du sol). Ce savoir-faire, hérité directement de l'époque précolombienne, assure une adaptation parfaite au climat chaud et humide du Yucatán. La différence de couleur des palmes sur le toit montre un travail régulier d'entretien du domicile. La communauté continuait à maîtriser les techniques traditionnelles de couverture en paille. Le muret traditionnel (l'albarrada) symbolise l'autonomie et l'intimité du foyer maya. jardin potager/fruiter familial maya (le solar) reste un espace de subsistance familiale.

Elle montre aussi le début de la modernisation rurales avec l'arrivée de l'électricité. La présence du compteur électrique et du câble montre que vers 1978, la modernité et les infrastructures gouvernementales mexicaines (programmes d'électrification rurale de la CFE) commencent à atteindre les villages les plus isolés du Yucatán.

Le contraste est saisissant : La photo capture ce moment précis de basculement où une technologie moderne (l'électricité) vient s'insérer au sein d'un habitat dont la conception n'avait quasiment pas changé depuis plus d'un millénaire. L'arrivée de l'électricité dans ces foyers allait progressivement introduire l'ampoule électrique, la radio et plus tard la télévision, modifiant en profondeur les rythmes de vie quotidiens du village.







La concession familiale maya





Cette photographie offre un aperçu très détaillé de l'intérieur d'une concession familiale maya traditionnelle (solar maya) dans la péninsule du Yucatán. La concession familiale désigne l'unité spatiale, économique et sociale fondamentale au sein de laquelle vit une famille maya (cf. Analyse ethnologique de la scène).






L'architecture vernaculaire (Naj) avec les murs en bajareque (torchis et perches) laisse apparaître la structure des murs composée de pênes verticaux en bois reliés entre eux et enduits d'un mélange de terre rouge (kankab) et de chaux. La forme absidale de la hutte au premier plan à gauche présente l'extrémité arrondie caractéristique qui offre une meilleure prise au vent en cas de tempête ou d'ouragan. La toiture imposant en paille/palmes (zacate) en pente forte assure une étanchéité efficace contre les pluies tropicales tout en maintenant une température fraîche à l'intérieur.

La scène offre un aperçu de la vie quotidienne et du mobilier. À travers l'ouverture de la cabane principale en arrière-plan, on aperçoit un hamac (K'áan) suspendu. Dans la culture maya, le hamac est l'élément central du mobilier : il sert à se reposer le jour et à dormir la nuit au frais, à l'abri des insectes et de l'humidité du sol. Au centre et à droite de la cour se trouvent les puits ou les citernes (Pozo) de stockage d'eau. Quelques volailles (poules, dindons) se promènent librement sur la structure en pierre qui sont des éléments clés de l'autosuffisance du solar maya. On observe des objets d'usage quotidien (seau en métal, ustensiles et bancs en bois). Le sol de la cour est composé de cette terre argileuse rougeâtre (Kankab) typique des cuvettes calcaires du Yucatán.

La concession regroupe généralement plusieurs petites cabanes : une pour dormir, une servant de cuisine (pour isoler le foyer et les fumées) et parfois des annexes de stockage.