Approche de Mitla, paysage sec
Ce cliché est celui de l’arrivée sur le site de Mitla.Au premier plan et au centre, on observe les structures basses du site archéologique, caractérisées par des murets de pierre sèche et des esplanades dallées typiques des zones fouillées et restaurées.
À l'arrière-plan (sur la colline), une construction religieuse coloniale, souvent caractéristique de l'histoire de Mitla où les Espagnols ont construit des églises chrétiennes (comme l'église de Saint-Paul) directement sur ou à partir des matériaux des temples préhispaniques, illustrant le syncrétisme et la superposition des cultures.
Le cadre environnant met en valeur les collines arides et sèches caractéristiques de la vallée de Tlacolula, sous un vaste ciel bleu parsemé de légers nuages.
Plan archéologique illustré du site de Mitla
Mitla vient du nahuatl Mictlan, qui signifie « lieu des morts » ou « lieu du repos ». En zapotèque, la cité s'appelait Lyobaa (« lieu d'enterrement »).
Mitla était le principal centre religieux et la résidence du grand prêtre zapotèque à la période tardive, après le déclin de Monte Albán.
Plusieurs ensembles structurants s'articulent au sein de ce complexe :
Le Groupe des Colonnes et le Groupe de l'Église : Cœur monumental du site, le Groupe des Colonnes se distingue par sa vaste esplanade et ses salles hypostyles rythmées par de monolithes massifs en pierre. Immédiatement juxtaposé, le Groupe de l'Église intègre l'édifice colonial de San Pablo, illustrant de manière paradigmatique le phénomène du syncrétisme architectural et cultuel où les conquérants espagnols ont réemployé les structures et matériaux préhispaniques.
Les techniques ornementales et les mosaïques géométriques : L'encadré explicatif du plan met en lumière la singularité esthétique de Mitla, qui réside dans l'usage de frises aux mosaïques géométriques complexes (grecques et motifs en damier). Ces décors ne sont pas sculptés dans la masse, mais formés par des milliers de petits blocs de pierre taillés avec une précision d'orfèvre et assemblés sans mortier pour composer des reliefs saisissants.
Le Groupe du Sud et les structures funéraires : Dispersés autour de l'axe central, le Groupe du Sud et le Groupe du Ruisseau témoignent de l'organisation fonctionnelle et hiérarchisée de la cité. Le plan rappelle également la présence de chambres funéraires cruciformes souterraines, conçues comme de véritables demeures pour les défunts de l'élite dirigeante, renforçant la vocation mémorielle et religieuse de Mitla.
La rigueur urbanistique des cours quadrangulaires dialogue avec une virtuosité décorative unique dans tout le Mexique ancien.
L'église de San Pablo Apóstol
Cet édifice est l'église de San Pablo Apóstol (Iglesia de San Pablo), située au cœur du site archéologique de Mitla.
Je l’avais mal située lors de la numérisation de mon corpus de diapositives, mais ses caractéristiques architecturales reconnaissables.
Pour confirmer qu'il s'agit bien de l'église de San Pablo Apóstol à San Pablo Villa de Mitla (Oaxaca), je me suis s'appuyé sur plusieurs éléments de preuve architecturaux, historiques et paysagers uniques :
L'architecture coloniale sur structure préhispanique (le syncrétisme constructif) : L'église a été érigée à la fin du XVIᵉ siècle par les moines dominicains sur l'une des principales plateformes de l'ancienne cité zapotèque de Mitla. Les murs incorporent directement des pierres taillées et des blocs sculptés de glyphes précolombiens provenant des ruines environnantes, ce qui se devine dans la texture irrégulière de la maçonnerie de la façade.
La composition de l'édifice est immédiatement identifiable : une nef massive flanquée de plusieurs coupoles (dont la principale est recouverte de tuiles aux tons ocre/rouge brique) et un clocher latéral asymétrique d'inspiration baroque rustique.
Enfin, les grands cactus cierges (organos) alignés à droite sont typiques de la flore semi-désertique de la région de Mitla.
Cela étant, ce n’est pas meilleure vue que j’aurais pu prendre de cet édifice…
Murs de Mitla
Cette photographie tentait de mettre en valeur les vestiges du Groupe des Colonnes.
Au premier plan, on distingue un linteau sculpté effondré, tandis qu'au second plan s'élève les vestiges d’une structure monumentale aux murs massifs en pierre et aux frises caractéristiques, flanquée d'une colonne monolithique dressée en arrière-plan.
Ces éléments témoignent de l'architecture hypostyle unique du site, où de lourds piliers de pierre soutenaient autrefois les toitures des palais de l'élite zapotèque et mixtèque.
L'ensemble est encadré par le paysage aride et montagneux caractéristique de la vallée de Tlacolula.
Cette image étant de piètre qualité comme beaucoup de mon corpus issu de mon carnet de voyage, il est possible de la visualiser telle que traitée par une IA en cliquant sur la vignette ci-dessous.
Frise de grecques
Le sujet même de Mitla sont les mosaïques de pierre, grecques et croix imbriquées, assemblées sans mortier apparent, sur des panneaux de plusieurs mètres.
L'élément le plus remarquable visible sur la façade est la décoration en frettes ou motifs géométriques entrelacés (grecas). Contrairement aux gravures taillées directement dans la pierre, ces motifs sont constitués de petits blocs de pierre soigneusement taillés et assemblés sans mortier, s'ajustant avec une précision millimétrique à la manière d'une mosaïque en relief. Cela est plus visible sur le traitement IA de la dispositive en vignette cliquable ci-dessous.
Ces motifs géométriques abstraits (triangles, spirales, zigzags) sont souvent associés aux représentations stylisées du serpent à plumes (Quetzalcoatl / Kukulkan), du ciel, des nuages ou de l'eau, symbolisant les forces cosmiques et le lien entre les vivants et le monde des morts.
Il s'agit de la structure extérieure d'un des palais, caractérisé par ses murs bas mais imposants et sa forme rectangulaire.
Le niveau de conservation exceptionnel s'explique par le climat sec de la région et la haute qualité de la taille des roches volcaniques (trachyte) utilisées par les bâtisseurs zapotèques/mixteques.
Cette partie du Palais des Grecques a été prise avec un cadrage frontal… presque un relevé de façade.
Mosaïques de pierres sculptées (grecas)
L'élément remarquable de ce cliché réside dans la variété des frises géométriques superposées sur le mur du fond :
Bande inférieure : Un motif en méandres croisés ou chevrons diagonaux, créant une dynamique visuelle en zigzag.
Bande intermédiaire : Un motif classique de spirales en escalier (step-fret ou xicalcoliuhqui), symbolisant souvent le vent, les nuages, l'eau ou le serpent à plumes.
Bande supérieure : Des motifs géométriques plus complexes combinant des formes d'échelonnage et de frette rectiligne.
Ce qui rend ces façades uniques dans la Mésoamérique précolombienne et la technique d'assemblage des frises qui sont entièrement composées de milliers de petits blocs de pierre taillés individuellement avec une précision extrême, puis encastrés et assemblés sans mortier sur le noyau du mur pour former des mosaïques tridimensionnelles.